C’est en janvier 2013 que démarra l’exposition de « La Caravane du Cid » et qui allait accueillir plus de 4000 visiteurs enchantés. Installée dans la Maison de la Région Paca,sur la Canebière de Marseille, cette exposition fut le fruit de 8 mois de travail à la croisée de très nombreux artistes. Retour sur une belle histoire faite de voyages et de rencontres.

La caravane du CID

Résumé : Rendre compte d’un processus de création théâtre en itinérance sous forme d’une exposition. Maquettes, vidéo, son, prototypes des décors et des costumes, réecriture de la pièce, l’exposition se construit, se lit et se vit comme un voyage imaginaire dans les profondeurs et la complexité de la création artistique.

Le projet du voyage : En juin 2013 l’agence s’embarque pour 3 mois de résidence entre Espagne et Maroc à bord d’un convoi dans lequel les 12 membres vont travailler ensemble pour adapter le Cid de Corneille. L’idée est simple : partir avec un campement autonome pour répéter à chapiteau ouvert à l’étranger, sur les terres mêmes où se déroulent l’histoire du Cid.

La compagnie

Il y a avant tout une compagnie de théâtre, « L’agence de Voyages Imaginaires », sans cesse sur la route, à jouer et à créer des spectacles en itinérance. C’est une figure du spectacle vivant marseillais : elle est notamment reconnue pour l’énergie et la générosité qu’elle déploie avant, pendant et après les représentations. C’est une joyeuse troupe dont l’émulsion créative est permanente, et qui se caractérise aussi par la musique qu’elle compose et interprète.

L’équipe

À bord de l’équipage siège un invité, l’artiste Victor Coste, étudiant alors aux Beaux-Arts de Marseille : il a pour mission de croquer l’épopée par tous les moyens pour garder en mémoire le périple. Au fil du voyage et des répétitions, un spectacle commence à naître. La troupe s’installe dans le sud de l’Espagne puis toujours plus loin sur les terres d’Afrique du nord. L’effervescence de ce dispositif de création s’épanouit au fil du voyage et le carnetiste accumule de nombreux dessins, photos, vidéos et sons, véritable réservoir d’images. Les projets pour ces dernières se précisent : on va les exposer. C’est alors que Lucas Linares, scénographe, rentre en jeu. Lucas est invité à rejoindre la compagnie à Tétouan pour découvrir l’énergie de cette aventure, sa nature, mais avant tout pour concevoir la restitution de ce travail de création en itinérance sous forme d’exposition. Victor et Lucas, ces deux jeunes créatifs réunis, projettent ensemble les prémices d’un projet scénographique qui s’étoffera sur plus de 5 mois.

La commande

La requête de la compagnie est claire, l’exposition doit rendre compte à un vaste public de ce qu’a été le laboratoire itinérant « La Caravane du Cid ». Elle doit restituer l’énergie et les moyens déployés dans cette aventure tout en théâtre et en rencontres. Et, bien entendu, l’exposition doit être mobile pour suivre la compagnie lors de ses représentations. Pour concevoir cette exposition et répondre à la commande, nous avons récolté toutes sortes d’éléments pour constituer un dispositif scénographique constitué de se que nous avons appelé la »Matière mémoire ».

L’exposition

L’exposition « La caravanes du CID » c’est articulait autour de plusieurs modules de lecture et d’immersion dans le voyage et le spectacle

1 – La table d’orientation

La table d’orientation représente l’itinéraire et le convoi sous la forme d’une maquette pour permettre aux spectateurs d
e tous les âges de profiter d’emblée des repères spatiaux et historiques. L’exposition se raconte dans l’espace et le temps, une géographie imaginaire et délirante. Cette maquette est le point d’entrée de l’exposition.

2 – Le grand panneau

Le grand panneau est la pièce centrale de l’exposition. C’est un document graphique organique et fourmillant dans lequel on retrouve dessins, photographies et textes sous une forme minutieuse et narrative. Il détaille avec précision le dispositif scénique de répétition et l’inventaire humain et technique qu’une telle tournée nécessite. Organisé en quatre étapes de travail, sur quatre lieux du voyage qui précisent la direction et l’évolution chronologique du spectacle.

3 – Le campement

Le campement rend compte de l’expérience humaine qu’a été ce voyage : le convoi de véhicules, ses membres, le matériel qui s’est installé à quatre reprises en un dispositif de vie, autonome de vie, de voyage et de travail en communauté.

4 – Le trombinoscope

Le trombinoscope présente l’équipe et tous ceux qui ont rejoint l’aventure. Cet hommage permet aux visiteurs de cerner qui sont les protagonistes de l’histoire, leurs fonctions et leurs personnalités. Chaqu’un des membres a été croqué par un texte clairvoyant et cocasse d’un des acteurs, puis dessiné par l’artiste et enfin, saisi par le photographe.

5 – Les prototypes

Le trombinoscope présente l’équipe et tous ceux qui ont rejoint l’aventure. Cet hommage permet aux visiteurs de cerner qui sont les protagonistes de l’histoire, leurs fonctions et leurs personnalités. Chaqu’un des membres a été croqué par un texte clairvoyant et cocasse d’un des acteurs, puis dessiné par l’artiste et enfin, saisi par le photographe.

6 – Le Off

Le Off est une espace immergé dans le noir dont on accède par deux passages étroits à gauche et à droite du grand panneau. Il immerge le spectateur dans un monde sans texte où les images tiennent une grande place. Il met en scène, dans un espace plus sinueux, les dessins originaux de l’artiste et les objets de l’aventure. Quelques écrans sortent comme des fenêtres et proposent des petits diaporamas animés du voyage.

7 – La fresque vidéo

La fresque vidéo retrace le parcours du voyage de création à travers cinq villes qui furent les escales de la troupe. En suivant Rodrigue et Chimène dans leur petite voiturette, on y retrouve par ce panorama les lieux emblématiques de cette itinérance et des photos du voyage.